La grève de la faim de Maurice Laouchez m’a rappelé un fait similaire. Une autre grève de la faim en Guadeloupe cette fois, qui dura 56 jours, celle de Georges Faisans. En 1985 (mwen té jenn ti manmaille) cette affaire secoua la Guadeloupe. Je m’en souviens comme si c’était hier, tant la Guadeloupe ressemblait à une cocotte minute prête à exploser.
Ainsi à l’époque, un professeur ( blanc) donna un coup de pied à un élève (noir) du lycée Baimbridge. Au mois d’octobre 1984, Georges Faisans infligea à l’homme un coup de plat de sabre (en d’autres termes, i ba-y an kout koutla). Il faut dire que chez nous, le coup de pied est la pire des insultes. Une, des celles, qui rappelle les corrections du colon à l’esclave. La justice condamna Faisans à 4 ans de prison ferme. L’enseignant eu des poursuites disciplinaires. En signe de protestation, Faisans entama une grève de la faim. Le 25 juin, il fut transféré à la prison de Fresnes à Paris où il poursuivit sa lutte.
Kidonk, Moun lévé mouch wouj !
Le 24 juillet, des barrages furent dressés dans plusieurs quartiers et aux entrées de la ville de Pointe à Pitre. Les barrages routiers se multiplièrent dans l’île. Militants, habitants des quartiers, jeunes, demeuraient mobilisés sur les barrages lannuit kon lajounen. Faisans fut libéré en France le 29 juillet, libération qui mit fin aussi au mouvement de mobilisation.
De l’affaire Faisans, je retiens en souriant, une exclamation : « nèg gwadloup pa ka jwé ! »
Erika
Source www.combat-ouvrier.net
L’histoire inspira Maryse Condé qui écrivit une nouvelle intitulée : Victor et les barricades.



source photos : http://georgesfaisans.jexiste.fr/pmcarte/
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il
faut prendre le bateau.
