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Who am i ?

Dimanche 18 mai 2008

La grève de la faim de Maurice Laouchez m’a rappelé un fait similaire. Une autre grève de la faim en Guadeloupe cette fois, qui dura 56 jours, celle de Georges Faisans. En 1985 (mwen té jenn ti manmaille) cette affaire secoua la Guadeloupe. Je m’en souviens comme si c’était hier, tant la Guadeloupe ressemblait à une cocotte minute prête à exploser.

 

Ainsi à l’époque, un professeur ( blanc) donna un coup de pied à un élève (noir) du lycée Baimbridge. Au mois d’octobre 1984, Georges Faisans infligea à l’homme un coup de plat de sabre (en d’autres termes, i ba-y an kout koutla). Il faut dire que chez nous, le coup de pied est la pire des insultes. Une, des celles, qui rappelle les corrections du colon à l’esclave. La justice condamna Faisans à 4 ans de prison ferme. L’enseignant eu des poursuites disciplinaires. En signe de protestation, Faisans entama une grève de la faim. Le 25 juin, il fut transféré à la prison de Fresnes à Paris où il poursuivit sa lutte.

 

Kidonk, Moun lévé mouch wouj !

Le 24 juillet, des barrages furent dressés dans plusieurs quartiers et aux entrées de la ville de Pointe à Pitre. Les barrages routiers  se multiplièrent dans l’île. Militants, habitants des quartiers, jeunes, demeuraient mobilisés sur les barrages lannuit kon lajounen.  Faisans fut libéré en France le 29 juillet, libération qui mit fin aussi au mouvement de mobilisation.

 

De l’affaire Faisans, je retiens en souriant, une exclamation : « nèg gwadloup pa ka jwé ! »

 

Erika

 

Source www.combat-ouvrier.net

L’histoire inspira Maryse Condé qui écrivit une nouvelle intitulée : Victor et les barricades.

 

 



source photos : http://georgesfaisans.jexiste.fr/pmcarte/

par Erika publié dans : Guadeloupe et Martinique communauté : Antilles
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Jeudi 8 mai 2008

voilà l'histoire de manman doudou, mon arrière grand-mère ! plis fòs manman doudou

 

[…] Cela faisait déjà six mois que le volcan fumait et le spectacle des fumerolles qui s’échappaient du cratère, était saisissant pour cette enfant. Lorsque ses parents partirent pour la messe le 8 mai 1902, à la déflagration, elle comprit que la Montagne Pelée avait explosée ! « - I pété ! i pété ! » Instinctivement, elle se mit à courir avec ceux qui étaient restés à la maison en direction de Fort-de-France. Les cendres recouvraient tout, ils en avaient dans les yeux, des brûlures partout, des cris, des pleurs ; les gens qui couraient étaient vite méconnaissables, certains ne se reconnaissaient que par la voix, l’odeur âcre du brûlé imprégnait l’atmosphère. Plus on courait et plus la foule devenait importante, les gens du Carbet, de Bellefontaine, de Case-Pilote poursuivis par la cendre brûlante. La course longue et effrénée s’acheva au Canal Levassor, comme s’ils s’étaient tous donné rende-vous là, à Fort-de-France. A l’embouchure de la rivière, ils se jetèrent à l’eau, et là, les mères retrouvaient leurs enfants égarés, chacun se baignaient pour se faire reconnaître des siens, sous les yeux ébahis des habitants du bord du Canal qui ne connaissaient pas encore la nouvelle ! Man Doudou et les autres qui avaient cru vivre l’apocalypse, réalisèrent leur chance, lorsqu’ils apprirent le lendemain, le destin des 30 000 parents et alliés, morts brûlés vifs, par le souffle de la fumée ardente qui s’était abattue sur la ville de Saint-Pierre.

Jeanne était alors orpheline ; pas question d’aller à l’école, il fallait pagayer dur pour avancer.

 

Claude-Michel Privat, La mort du colibri madère L’harmattan, octobre 2006

photo : Daniel Limée
par Erika publié dans : Guadeloupe et Martinique communauté : Actualité
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Dimanche 27 avril 2008

 

Pierre Aliker, très ému, qui fut pendant plus de 50 ans le premier adjoint d'Aimé Césaire à la mairie de Fort-de-France, a délaissé le discours écrit et finalement opté pour l'improvisation. Il a rappelé les objectifs du Parti progressiste martiniquais, fondé par Aimé Césaire. ''Notre objectif est d'obtenir un pouvoir local fort'', a-t-il souligné. ''Les spécialistes des questions martiniquaises, ce sont les Martiniquais (...) Avec une fidélité à toute épreuve, vous pourrez compter sur nous'', a-t-il lancé en conclusion à la foule. La partie solennelle de la cérémonie a été ensuite suivie par la lecture d'extraits de textes du poète et d'interprétations musicales.

Pierre Aliker est né le 9 février 1907 au Lamentin en Martinique. 

A 28 ans, alors étudiant, il perd son frère, André Aliker, journaliste communiste  assassiné à Case-Pilote. Pierre Aliker ne se consola jamais de cette disparition, c’est pourquoi  il porte encore et toujours des costumes en lin blanc en signe de deuil. Chirurgien de profession il  fut, par la suite, aux côtés d’Aimé Césaire à la mairie de Fort-de-France de 1945 à 2001. A 40 ans pour l’un et 33 ans pour l’autre, ils  réussirent l'impensable, battre lors des élections municipales le grand Joseph Lagrosillère.  Désormais à la tête d’une ville de 45 000 habitants ils avaient pour mission de loger, éduquer, soigner une population sortant des campagnes martiniquaise arrivée là en raison de la crise sucrière.  

 

Le 20 avril 2008, une terrible mission attendait celui que nous appelons affectueusement docteur Aliker. Il était  le seul à pouvoir s’exprimer face au cercueil du chantre de la négritude. « La Martinique a perdu le plus fidèle de ses fils »…
Comment ? Un fils ? Mais docteur il est appelé Papa non ?! Aimé Césaire serait donc pour vous un des fils de la Martinique ??!!

« L’intérêt général ne devait pas se noyer dans les eaux glacées des intérêts privés »

Cette phrase déclarée face à  N. Sarkozy,  avait une saveur ineffable. Effectivement, des hommes politiques qui ne se sont pas enrichis au cours de leur mandature, nous n’en connaissons pas beaucoup ! je citerai à la volée Mandela, Gandhi, Castro………je cherche encore…………et encore…………………je n’en trouve pas…..

Une terrible pression atmosphérique régnait dans les gradins du stade portant son nom. Les acclamations du public regorgeaient de fierté à chacune de ses hésitations. Elles semblaient lui dire « courage docteur ! ». Et lorsqu’à la fin il affirma « les spécialistes de la question martiniquaise ce sont les martiniquais eux-mêmes », l’ovation  était plus forte que jamais.

 

Le plus fier d’entre nous était certainement Aimé Césaire  !

 

A un journal de l’île, Pierre Aliker affirma : « Quand la mort viendra, je l’embrasserai sur les deux joues et je lui dirai pourquoi viens tu si tard ? »

 

Peut être vous répondra t-elle docteur, parce que la Martinique avait besoin de vous, jusqu’au bout…

 

Merci Docteur Aliker


Erika S.

photo : avaltar

par Erika publié dans : Aimé Césaire communauté : Actualité
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Samedi 19 avril 2008

- C’est quoi important marraine ?

- Important ?!! Disons que c’est quelque chose qui est grand, qui est nécessaire

- Alors pourquoi on dit que Aimé Césaire est important ?

- On le dit car il a fait de grandes choses pour son pays, pour le monde, il a dit de belles choses aussi

- Comme quoi ?

- C’est le premier à avoir dit qu’il était fier, fier d’être martiniquais, fier d’être noir

- Noir ?? C’est quoi ça ?

- regarde ta couleur de peau ! Tu es de quelle couleur ?

- je suis noire !

- voilà ! Et Aimé Césaire nous a dit d’être fiers de notre couleur de peau !

- je suis noire…aaaaaaahhhhhhhhh

- oui mais, retiens aussi que tu dois être fière d’être martiniquaise, c’est important aussi et le martiniquais peut être noir, blanc, marron, jaune…..

- et il est où maintenant Aimé Césaire ?

- Il est au ciel avec ses copains

- Et il fait quoi au ciel ?

- Il lit, il écrit des poèmes, peut être qu’il joue  au domino avec Eugène Mona

- il doit être content alors !

 

par Erika publié dans : Aimé Césaire communauté : Antilles
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Samedi 19 avril 2008





A la suite du cortège, spontanément, des chants de femmes s'élevaient :

woy woy nou ni mémwa, sé an nonm matinik manmaille, an vérité sé chimen nou tout ki la, sé an nonm matinik manmaille

woy woy nou ni mémwa, sé istwa matinik ki la, an vérité sé istwa nou tout ki la, sé an nonm matinik ki la
par Erika publié dans : Aimé Césaire communauté : Actualité
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Samedi 19 avril 2008




"Je viendrai à ce pays mien, et je lui dirai, embrassez-moi sans craintes...Et si je ne sais que parler, c'est pour vous que je parlerai.."

" Même le crayon de Dieu a une gomme"

"Un jour pour nos pieds fraternels, un jour pour nos mains sans rancunes, un jour pour nos souffles sans méfiance..."

par Erika publié dans : Aimé Césaire communauté : Actualité
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Vendredi 18 avril 2008


Et nous sommes debout maintenant, mon pays et moi, les cheveux dans le vent, ma main petite maintenant dans son poing énorme et la force n’est pas en nous,
mais au-dessus de nous, dans une voix qui vrille la nuit et l’audience comme la pénétrance d’une guêpe apocalyptique.

Et la voix prononce que l’Europe nous a pendant des siècles gavés de mensonges et gonflés de pestilences,
        car il n’est point vrai que l’œuvre de l’homme est finie
        que nous n’avons rien à faire au monde
        que nous parasitons le monde
        qu’il suffit que nous nous mettions au pas du monde
        mais l’œuvre de l’homme vient seulement de commencer
        et il reste à l’homme à conquérir toute interdiction immobilisée aux coins de sa ferveur
        et aucune race ne possède le monopole de la beauté, de l’intelligence, de la force
        et il est place pour tous au rendez-vous de la conquête

et nous savons maintenant que le soleil tourne autour de notre terre éclairant la parcelle qu’a fixée notre volonté seule

et que toute étoile chute de ciel en terre à notre commandement sans limite.

Aimé Césaire, Cahier d’un retour au pays natal, Ed. Présence

par Erika publié dans : Aimé Césaire communauté : Poé-vie
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Vendredi 18 avril 2008

Image de l'article

Je demande trop aux hommes ! Mais pas assez aux nègres, Madame !
...

Au plus bas de la fosse.

C'est là que nous crions, de là que nous aspirons à l'air, à la lumière, au soleil.

Et si nous voulons remonter, voyez comment s'imposent à nous , le pied qui s'arc-boute, le muscle qui se tend, les dents qui se serrent, la tête,oh ! La tête, large et froide!

Et voilà pourquoi il faut demander aux nègres plus qu'aux autres : plus de travail, plus de foi, plus d'enthousiasme, un pas, un autre pas, encore un autre pas et tenir gagné chaque pas!

C'est d'une remontée jamais vue que je parle, Messieurs et Malheur à celui dont le pied flanche !

Aimé Césaire, Extrait de La tragédie du Roi Christophe

par Erika publié dans : Aimé Césaire communauté : Poé-vie
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Vendredi 18 avril 2008

Au bout du petit matin le soleil qui toussotte et crache ses poumons

Au bout du petit matin
un petit train de sable
un petit train de mousseline
un petit train de grains de maïs

Au bout du petit matin
un grand galop de pollen
un grand galop d'un petit train de petites filles
un grand galop de colibris
un grand galop de dagues pour défoncer la poitrine de la terre

Aimé Césaire, cahier d'un retour au pays natal, Présence africaine

 
spéciale dédicace pour Jill !!
par Erika publié dans : Aimé Césaire communauté : Poé-vie
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Vendredi 18 avril 2008

mon peuple

quand
hors des jours étrangers
germeras-tu une tête tienne sur tes épaules renouées
et ta parole

le congé dépêché aux traîtres
aux maîtres
le pain restitué la terre lavée
la terre donnée

quand
quand donc cesseras-tu d'être le jouet sombre
au carnaval des autres
ou dans les champs d'autrui
l'épouvantail désuet

demain
à quand demain mon peuple
la déroute mercenaire
finie la fête

mais la rougeur de l'est au coeur de balisier

peuple de mauvais sommeil rompu
peuple d'abîmes remontés
peuple de cauchemars domptés
peuple nocturne amant des fureurs du tonnerre
demain plus haut plus doux plus large

et la houle torrentielle des terres
à la charrue salubre de l'orage

Aimé CESAIRE, Ferrements, 1960

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par Erika publié dans : Aimé Césaire communauté : Poé-vie
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