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Samedi 6 juin 2009

 

Chez nous aux Antilles nous avons beaucoup de superstitions, des idées bien ancrées dans nos cabezas qui sont léguées bien souvent par nos grands parents. Elles sont  prononcées  comme un conseil ou une mise en garde lorsque nous faisons quelque chose ou qu’un fait nous arrive.

 
J’avoue ne pas croire à toutes les superstitions, mais respecter une par exemple, c’est faire un clin d’œil à la personne qui m’en a parlé et léguer à mon tour un peu du patrimoine, kontèl :

 

-         krazé an milpat i ké baw lajan

-         écrase un scolopendre  il te rapportera de l’argent

 

J’avoue n’avoir jamais tué de scolopendre, je ne puis donc témoigner et dire si i ka pòté lajan (lol)

 

-         si lanmen dwèt aw ka graté-w ou ké dépansé lajan, si sé gòch la ou ké ni lajan

-         si ta main droite te démange tu dépenseras de l’argent si c’est la gauche tu en gagneras 
 

-         pa jambé moun sinon i ké mò, alò déjambé-y

-         il ne faut pas enjamber une personne sinon elle mourra

 

-         pa kité chivé mò a tè, si an zwézo fè ni-y épi-y ou ké vini fou

-         il ne faut pas laisser traîner de cheveux morts car si un oiseau fait son nid avec on devient fou

 
ça c'est made in mamie , et il y avait une telle conviction dans son regard et sa voix que j'y crois dur comme fer jusqu'à aujourd'hui !

 

-         pa ofè moun parfun

-         il ne faut pas offrir de parfum car cela brise l’amitié

 

-         pa manjé zannana aprè an lafèt sinon ou ké malad

-         il ne faut pas manger d’ananas après une nuit blanche , cela rend malade

Celle ci  tient son origine de l’esclavage, elle vient des colons qui ne voulaient pas que les esclaves mangent les récoltes au petit matin.

 

Erika

Par Erika - Publié dans : tradition - Communauté : Antilles
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Lundi 27 avril 2009

Lu sur VOLCREOLE
je n'ai pas pu résister
C'est trop drôle et tellement vrai

Makrel ou makrelle désigne un bipède présent sous toutes les latitudes, mais
particulièrement dans les régions tropicales.
La makrelle antillaise à la différence de sa consoeur européenne reste très
prisée pour ses talents d'investigations. A savoir: elle manie le "ki moun
ki di'w sa?" "le hé ben ma fi, cou maniè ou pa té sav sa?" avec beaucoup
d'aisance. Un test de QI révélerait sans difficultés que la makrelle
antillaise a des capacités de déduction nettement supérieures à la moyenne.
La makrelle antillaise à la différence de la makrelle asiatique ou africaine
a une espérance de vie très élevée. Elle connait d'ailleurs des périodes
d'intenses activités entre 18-25 ans et 65 -80 ans.


Attardons-nous quelques instants sur la makrelle de 18-25 ans, donc en
pleine fleur de la makrélitude. Ses lieux de prédilection ou...plutôt ses
terrains de chasse: son lieu de travail, la fac, le salon de coiffure et les
zouks. En ce dernier lieu, la makrelle ne vient jamais seule. Elle est
souvent accompagniée par 2 ou 3 de ses congénères, qui notons-le en géréral
adoptent en boîte la même tenue de camouflage que la makrelle-chef: bustier
rouge, caleçon blanc, lunette fumées...Donc nos trois makrelles aiment à
danser seules au milieu de la piste, ce qui leur permet de touner voire même
de tournoyer et d'avoir un regard d'ensemble sur "sa ka passé adan zouk-la".
Si un gentil gars vient à leur demander à danser, elles s'arrangent pour
qu'il y ait toujours une de dispo pour continuer les recherches. Cas rare où
les 3 makrelles dansent en même temps: observez-les avec attention. La
makrelle mène la danse, pendant que son partenaire est dans un
colé-séré-doudou-zié-fémen-mwenn-enmen'w, la makrelle garde les yeux grands
ouverts et l'esprit en alerte "ki manyè manzelle habillé la?" "Missié lé fè
an manoeuvre an lé manzelle"." sé pa Missié man ouè a bô an 4*4 ?.
A savoir: toutes les heures, nos 3 makrelles se retrouvent au toilette pour
faire le point sur la soirée. Si vous pénétrez dans les toilettes à cet
instant précis: les makrelles se taisent et vous déshabillent du regard en
faisant mine de se remaquiller. En fin de soirée les makrelles se séparent
satisfaites. Le lendemain midi: au rapport!!
Et là les makrelles n'hésitent pas à faire appel à un allier de taille: le
téléphone portable ou sans fil. Pourquoi sans fil? Car tout en menant une
conversation à trois, la makrelle peut aller d'une fenêtre à l'autre de son
appartement et écarter les rideaux, puis les persiennes teintées de sa
fenêtre. "Alô ou pa ouè kou maniè manzelle té ka carré adan zouk la? yo di
moin i ka mayé samedi? Fôk nou désen ouè sa ma fi"



La makrelle de 70 ans? On aurait pu croire qu'avec le poids des années la
vigilance de la makrelle diminue. Awa. Ayant à peine enterré son premier
mari, le seul homme de sa vie, (à ses dires) et ne sachant comment occuper
ses longues journées la makrelle se livre à son activité favorite et pire,
elle assure la transmission de ce patrimoine familial (ou culturel?) à sa
fille, belle-fille. Dans la société des makrelles, le matriarcat domine. Une
journée type de la makrelle de 70 ans.
Lever à 6 heures. "Zavi d'obséques" sur Radio Bois Patates en buvant un café
et en égrenant quelques prières.
Tout d'un coup la makrelle se lève de table et se dirige vers son objet
fétiche: le téléphone.
"Mwen fini tann' Man Untel mô, ki sa i té ni? i té malad? i té mayé?" Ce
sont les questions posées à l'autre makrelle au bout du fil qui d'ailleurs
s'apprétait à l'appeler. La dessus la deuxième makrelle téléphone à la
troisième qui répond dès la première sonnerie. "Ou kaye l'enterrement? moin
kaye atten'ou bô chimin-an côté 3 zè". A deux heures tapantes, notre trio
infernal de makrelles est prêt, sapé des pieds à la tête. Pour l'occasion la
makrelle de 70 ans n'hésite pas à sortir ses colliers choux, bracelet forçat
et créoles...de la boite de beurre SOVACO qu'elle a pris soin de ranger
derrière la gazinière à l'abri des regards indiscrets.
A l'enterrement les makrelles rejoignent la fin du cortège une fois que
celui-ci s'est mis en branle. Et là c'est l'occasion d'évoquer la mémoire du
mort. "Sa ka fè dé lanné moin pa té ouèye, I pa té mayé? Mé sé pa sa ou di
moin bon matin-an? I té ni combien iche? Cé pa té an moun ou té bien
connèt?" Questions entre-mellées d'autres considérations sur la tenue
vestimentaire d'autres makrelles ennemies ou de considérations plutôt
médicales "way way cé jou ta-la man lasse" jamb moin pa ka ba moin
soulagement" "pou ki sa ou pa di médecin an ba vou an pitchi?". Bouches en
formes de coeur les makrelles gravissent les marches de l'Eglise, fières
d'avoir paradé dans les rues du faubourg par cette après-midi
ensolleillée...L'une d'elles donnant manifestement des premiers signes de
l'Alzaymè demandera à ses consoeurs: "mé au fait macoume, ki moun nou ka
téré-la apwé midi ya??

Par Erika - Publié dans : Coup de coeur
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Mardi 17 février 2009

En acceptant, six jours après, un débat télévisé au CWTC de Jarry, le patronat guadeloupéen et le préfet constatent qu'ils ont face à eux une riposte organisée et au verbe affuté.
L’UGTG, a désormais comme mètamannyòk secrétaire général, l’élu Elie Domota, qui maîtrise parfaitement le français, le créole, les dossiers, l’art des négociations, le sens de la répartie et même l’humour.



Ce quadragénaire, cadre à l’ANPE, divulgue lors de ces retransmissions en direct, tout à la population sur les réalités économiques du pays, en dénonçant les organisateurs et les profiteurs de la vie chère.

Normal ! Le mouvement se nomme LKP « lyannaj kont pwofitasyon », le rassemblement contre l’exploitation.

 
IL  rassemble les foules, véritable leader charismatique c'est la pièce maîtresse du conflit qui défend avec rage et stratégie ses convictions.

Des leaders charismatiques, l'histoire en pond un chaque siècle. La Guadeloupe a trouvé le sien, et il est fort à parier que l'histoire entre Domota et son peuple ne fait que commencer.


rassemblement à Pointe-a - Pitre, discours de Domota :
http://www.youtube.com/watch?v=UR6I2z3iuLc

Par Erika - Publié dans : Guadeloupe et Martinique - Communauté : Actualité
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Mardi 17 février 2009

LKP

Nos îles vivent en ce moment une crise sociale et économique.

La Guadeloupe, en a assez de payer trop cher. Tout y est : l’essence, le lait, le pain, les billets d’avion, la terre. L’île en assez de ne pouvoir accéder aux hauts postes, ceux à responsabilités détenus par les mêmes. Ces maux résonnent dans les têtes qui scandent alors « la gwadloup sé tan nou, la gwadloup sé pa ta yo, yo péké fè sa yo vlé, adan péyi an nou »



En Martinique, le reportage de Bolzinger diffusé sur Canal + met le feu au poudre. Tout y est : L’inégalité, l’injustice, l’arrogance, le mépris, la misère des uns et l’opulence des autres, l’empoisonnement ! On y entend A-H Despointes, empereur du yaourt – soda – glace, expliquer le mal qu’il pense du métissage, et le bien qu’il pense de l’esclavage. Ces mots résonnent à l’intérieur des têtes métissées qui scandent alors « matinik sé ta nou, matinik sé pa ta yo, an bann profitè vòlè, nou ké mété yo déwò »

http://www.youtube.com/watch?v=fXeb8EsPHnM&feature=related

image :   http://www.bondamanjak.com

Par Erika - Publié dans : Guadeloupe et Martinique - Communauté : Actualité
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Samedi 24 janvier 2009

 

Par Erika
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Mercredi 21 janvier 2009
Obama devient le 44e président des Etats-Unis<br/>
Il y a de cela 2 ans, j'ai vu une jeune fille arborer un magnifique tee-shirt noir avec inscrit dessus "OBAMA 2008".
  ??!!
j'ai pensé tout d'abord  que c'était loin 2008  et mwen mandé kò mwen apré, "kaki obama ?"
quelques mois plus tard, en suivant  les primaires , j'ai appris à le connaître !
Tout d'abord, je l'ai trouvé beau garçon mé an plis di sa i té doté d'un "charisme extraordinaire". Un homme dont la voix transcende même si nou pa ka konprann tout bagay, un homme humble et amusant !
L'homme parfait existerait donc bel et bien ?! faudra penser à demander cela à Michele, si il est si parfait que cela !! bref ! aujourd'hui la symbolique est forte. Un homme noir ou metissé, comme vous voudrez est à la tête de la première nation mondiale...
Nou a bo kritiké lamérik, mais quoiqu'on en dise après ce lourd passé esclavagiste et raciste elle nous donne une sérieuse leçon : transcender tout cela (tiens c'est la deuxième fois que j'utilise ce mot, bizarre ?), dépasser, pardonner, gadé douvan koi !!
Alors aujourd'hui, je tire mon chapeau aux yankees et je m'incline
Vive Obama, yes we can !

ps : voici un petit cadeau sympa sympa
http://www.youtube.com/watch?v=RsWpvkLCvu4

erika
Par Erika - Publié dans : Articles et chroniques - Communauté : Actualité
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Lundi 19 janvier 2009

oulalalala, ça sent le renfermé sur ce blog !!! ti kaye-la té fenmen di kon klou ! nou ké donk gadé pou pòté tibren fréchè

Je profite donc du mois de janvier pour vous souhaiter chers amis internautes mes meilleurs vœux !
"bat san pè san gadé dèyè" comme dirait ma manman, ou encore "kriz ou pa kriz tala sé tan nou" , pour reprendre le pseudo de jo !

je vous épargnerais les sempiternels vœux de santé, bonheur, argent j'en passe et des meilleurs...

Disons simplement que chaque année apporte son lot d'émotions...

ki nou lé, ki nou pa lé nou ké viv tout bagay : 
- wouvè zyé, fenmen zyé, pijé zyé
- wouvè bra, fenmen bra, pran dan bra, kwazé bra,
- wouvè bouch, fenmen bouch, mòdé bouch
- wouvè tjè, fenmen tjè, séré tjè



De bonnes choses comme de mauvaises, nouveaux échanges comme déceptions, moments calmes, moments d'allégresse, beaucoup beaucoup de choses
mais ??!! finalement c'est ça une année !! c'est ça la vie !!


erika


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Par Erika - Publié dans : Articles et chroniques - Communauté : Poé-vie
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Dimanche 18 mai 2008

La grève de la faim de Maurice Laouchez m’a rappelé un fait similaire. Une autre grève de la faim en Guadeloupe cette fois, qui dura 56 jours, celle de Georges Faisans. En 1985 (mwen té jenn ti manmaille) cette affaire secoua la Guadeloupe. Je m’en souviens comme si c’était hier, tant la Guadeloupe ressemblait à une cocotte minute prête à exploser.

 

Ainsi à l’époque, un professeur ( blanc) donna un coup de pied à un élève (noir) du lycée Baimbridge. Au mois d’octobre 1984, Georges Faisans infligea à l’homme un coup de plat de sabre (en d’autres termes, i ba-y an kout koutla). Il faut dire que chez nous, le coup de pied est la pire des insultes. Une, des celles, qui rappelle les corrections du colon à l’esclave. La justice condamna Faisans à 4 ans de prison ferme. L’enseignant eu des poursuites disciplinaires. En signe de protestation, Faisans entama une grève de la faim. Le 25 juin, il fut transféré à la prison de Fresnes à Paris où il poursuivit sa lutte.

 

Kidonk, Moun lévé mouch wouj !

Le 24 juillet, des barrages furent dressés dans plusieurs quartiers et aux entrées de la ville de Pointe à Pitre. Les barrages routiers  se multiplièrent dans l’île. Militants, habitants des quartiers, jeunes, demeuraient mobilisés sur les barrages lannuit kon lajounen.  Faisans fut libéré en France le 29 juillet, libération qui mit fin aussi au mouvement de mobilisation.

 

De l’affaire Faisans, je retiens en souriant, une exclamation : « nèg gwadloup pa ka jwé ! »

 

Erika

 

Source www.combat-ouvrier.net

L’histoire inspira Maryse Condé qui écrivit une nouvelle intitulée : Victor et les barricades.

 

 



source photos : http://georgesfaisans.jexiste.fr/pmcarte/

Par Erika - Publié dans : Guadeloupe et Martinique - Communauté : Antilles
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Jeudi 8 mai 2008

voilà l'histoire de manman doudou, mon arrière grand-mère ! plis fòs manman doudou

 

[…] Cela faisait déjà six mois que le volcan fumait et le spectacle des fumerolles qui s’échappaient du cratère, était saisissant pour cette enfant. Lorsque ses parents partirent pour la messe le 8 mai 1902, à la déflagration, elle comprit que la Montagne Pelée avait explosée ! « - I pété ! i pété ! » Instinctivement, elle se mit à courir avec ceux qui étaient restés à la maison en direction de Fort-de-France. Les cendres recouvraient tout, ils en avaient dans les yeux, des brûlures partout, des cris, des pleurs ; les gens qui couraient étaient vite méconnaissables, certains ne se reconnaissaient que par la voix, l’odeur âcre du brûlé imprégnait l’atmosphère. Plus on courait et plus la foule devenait importante, les gens du Carbet, de Bellefontaine, de Case-Pilote poursuivis par la cendre brûlante. La course longue et effrénée s’acheva au Canal Levassor, comme s’ils s’étaient tous donné rende-vous là, à Fort-de-France. A l’embouchure de la rivière, ils se jetèrent à l’eau, et là, les mères retrouvaient leurs enfants égarés, chacun se baignaient pour se faire reconnaître des siens, sous les yeux ébahis des habitants du bord du Canal qui ne connaissaient pas encore la nouvelle ! Man Doudou et les autres qui avaient cru vivre l’apocalypse, réalisèrent leur chance, lorsqu’ils apprirent le lendemain, le destin des 30 000 parents et alliés, morts brûlés vifs, par le souffle de la fumée ardente qui s’était abattue sur la ville de Saint-Pierre.

Jeanne était alors orpheline ; pas question d’aller à l’école, il fallait pagayer dur pour avancer.

 

Claude-Michel Privat, La mort du colibri madère L’harmattan, octobre 2006

photo : Daniel Limée
Par Erika - Publié dans : Guadeloupe et Martinique - Communauté : Actualité
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Dimanche 27 avril 2008

 

Pierre Aliker, très ému, qui fut pendant plus de 50 ans le premier adjoint d'Aimé Césaire à la mairie de Fort-de-France, a délaissé le discours écrit et finalement opté pour l'improvisation. Il a rappelé les objectifs du Parti progressiste martiniquais, fondé par Aimé Césaire. ''Notre objectif est d'obtenir un pouvoir local fort'', a-t-il souligné. ''Les spécialistes des questions martiniquaises, ce sont les Martiniquais (...) Avec une fidélité à toute épreuve, vous pourrez compter sur nous'', a-t-il lancé en conclusion à la foule. La partie solennelle de la cérémonie a été ensuite suivie par la lecture d'extraits de textes du poète et d'interprétations musicales.

Pierre Aliker est né le 9 février 1907 au Lamentin en Martinique. 

A 28 ans, alors étudiant, il perd son frère, André Aliker, journaliste communiste  assassiné à Case-Pilote. Pierre Aliker ne se consola jamais de cette disparition, c’est pourquoi  il porte encore et toujours des costumes en lin blanc en signe de deuil. Chirurgien de profession il  fut, par la suite, aux côtés d’Aimé Césaire à la mairie de Fort-de-France de 1945 à 2001. A 40 ans pour l’un et 33 ans pour l’autre, ils  réussirent l'impensable, battre lors des élections municipales le grand Joseph Lagrosillère.  Désormais à la tête d’une ville de 45 000 habitants ils avaient pour mission de loger, éduquer, soigner une population sortant des campagnes martiniquaise arrivée là en raison de la crise sucrière.  

 

Le 20 avril 2008, une terrible mission attendait celui que nous appelons affectueusement docteur Aliker. Il était  le seul à pouvoir s’exprimer face au cercueil du chantre de la négritude. « La Martinique a perdu le plus fidèle de ses fils »…
Comment ? Un fils ? Mais docteur il est appelé Papa non ?! Aimé Césaire serait donc pour vous un des fils de la Martinique ??!!

« L’intérêt général ne devait pas se noyer dans les eaux glacées des intérêts privés »

Cette phrase déclarée face à  N. Sarkozy,  avait une saveur ineffable. Effectivement, des hommes politiques qui ne se sont pas enrichis au cours de leur mandature, nous n’en connaissons pas beaucoup ! je citerai à la volée Mandela, Gandhi, Castro………je cherche encore…………et encore…………………je n’en trouve pas…..

Une terrible pression atmosphérique régnait dans les gradins du stade portant son nom. Les acclamations du public regorgeaient de fierté à chacune de ses hésitations. Elles semblaient lui dire « courage docteur ! ». Et lorsqu’à la fin il affirma « les spécialistes de la question martiniquaise ce sont les martiniquais eux-mêmes », l’ovation  était plus forte que jamais.

 

Le plus fier d’entre nous était certainement Aimé Césaire  !

 

A un journal de l’île, Pierre Aliker affirma : « Quand la mort viendra, je l’embrasserai sur les deux joues et je lui dirai pourquoi viens tu si tard ? »

 

Peut être vous répondra t-elle docteur, parce que la Martinique avait besoin de vous, jusqu’au bout…

 

Merci Docteur Aliker


Erika S.

photo : avaltar

Par Erika - Publié dans : Aimé Césaire - Communauté : Actualité
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